Conférences

Conférence Jeudi 22 Mars 2018:

L'enseignement supérieur privé à Djibouti: impacts et perspectives

Dans le cadre de ses activités de réflexion, de diffusion et de vulgarisation des savoirs, IRICA a organisé le 22  Mars 2018 à l'Institut des Etudes Diplomatiques de Djibouti, une conférence sur  l’enseignement supérieur privé à Djibouti, son impact et ses perspectives. Présentée par Mme Choukri Abdillahi, directrice de l’ISCAE (Institut Supérieur de Comptabilité et d'Administration des entreprises), cette conférence a permis d'éclairer l'inéluctable développement de ce secteur. 

L"intervenante a expliqué les raisons de l'émergence de l'Enseignement Supérieur Privé (ESP), son impact dans  l'accroissement du taux de scolarisation dans le supérieur, sur le marché de l'emploi, et à évoquer les pesanteurs auxquels ce secteur fait face. Elle a rappelé que dans nombre de pays l'ESP était considéré comme un des moyens pour réduire la pression démographique sur l'enseignement supérieur public et relever la qualité de ses enseignements. Pour cette raison, il est devenu une règle dans beaucoup de pays africains que les pouvoirs publics ainsi que les institutions d'aide au développement soutiennent financièrement ce secteur par des subventions.  Choukri Abdillahi Mohamed a ainsi mis en exergue que « Tous les indicateurs économiques révèlent que l'Afrique Sub-Saharienne ne pourra pas soutenir durablement le financement des établissements publics, en élargissant l'accès au plus grand nombre, tout en maintenant la qualité et la pertinence des apprentissages », sans soutenir massivement l'ESP. 

A un moment où le nombre les étudiants arrivant à l'Université de Djibouti dépasse les dix milles et qu'en raison des places limitées dans certaines filières, tout particulièrement celles qui offrent plus de perspectives professionnelles immédiates, cette conférence arrive à point nommé. Elle incite en effet à une réflexion sur l'organisation de notre enseignement supérieur et des limites auxquelles il est confronté. 

 

Conférence Jeudi 22 Février 2018:

Le droit électoral en République de Djibouti 

La conférence sur le droit électoral en République de Djibouti s'est tenue le Jeudi 22 Février 2018 dans les locaux de l'Irica à 18h30. Le conférencier, Dr. Albdoulkader Hassan a expliqué le cadre juridique général relatif aux élections législatives. L’accent a été mis sur les nouvelles réformes concernant le quota de 25% réservé aux femmes dans les listes électorales ainsi que la forte présence des jeunes sur ces mêmes listes.

 

Le conférencier a proposé des pistes de réflexion notamment l’organisation simultanée des élections présidentielles et législatives, l’abandon du système des listes au profit d’un scrutin uninominal, ainsi que l’abandon de la suppléance législative.

Conférence - table ronde le 25 Janvier 2017

Le genre à Djibouti, une nouvelle guerre des sexes

 

Le genre à Djibouti, une nouvelle guerre des sexes ? Comment l’approche de genre peut éclairer les changements sociaux, politiques et     économiques à Djibouti ? Les relations entre les hommes et les femmes apparaissent au cœur de ces changements, et ces derniers             créent des tensions et peurs autour de la masculinité et de la féminité. Sur quelles questions se cristallisent les débats ? Comment les inégalités sociales, économiques, de ressources et de territoire jouent-elles un rôle dans la conflictualité et l’absence de conflictualité ? 

Irica vous invite à participer à la conférence - table ronde qui sera animée par différents chercheurs le Jeudi 25 Janvier 2018 à 18h30 dans les nouveaux locaux d'Irica situés aux Salines Ouest, première rue sur la droite en venant de la cité Saoudienne, dans le même immeuble que l'Institut Africain de Djibouti.

 

Conférence le 29 Mars 2017

Enseigner les langues nationales : Le choix d'un destin

Dans cet exposé, nous tenterons de proposer une approche viable pour introduire dans le système éducatif les langues nationales (LN) de Djibouti; et cela, en partant de la situation sociolinguistique du pays, afin d’éviter « les errances et les erreurs qui ont eu lieu ailleurs. »  

 
Ailleurs, c’est surtout l’Afrique. L’enseignement des langues africaines (LA) s’est posé de façon cruciale au lendemain des indépendances des pays de ce continent. Aujourd’hui il semble qu’« entre 70 et 75 % des langues d’enseignement dans les maternelles et les crèches, ainsi que dans les premières années d’école élémentaires, sont africaines » (Ouane et Glanz, 2010, p.8-9). Or, il est un fait indéniable résumé par le linguiste sénégalais Arame Fal (2006) : « La pratique consistant à reléguer les langues africaines dans les premières années de l’école élémentaire d’abord (…) sert peut-être l’amélioration de l’enseignement du français mais elle ne favorise nullement le développement technique de ces langues, car à ce niveau les besoins ne sont pas de nature à stimuler la recherche et la créativité » (pp.15-16). Il a été démontré depuis longtemps combien le savoir transmis dans une langue étrangère, surtout à des jeunes enfants, « paralyse les intelligences et tarit les motivations. »

 

L’autre constat qui s’impose à nous, quand on considère les LA, c’est le fait que  la très grande majorité de celles-ci « n’ont pas droit de cité dans l’Administration, la Justice, à l’Ecole…» (Adama Samassekou, 2006, p.5). Aussi, cette introduction, qu’on pourrait qualifier de massive par les chiffres donnés cidessus, n’a pas pour autant élargi l’espace d’utilisation de ces langues, et partant renforcé leurs statuts. Pourtant, ce qui est recherché en dernière finalité c’est l’usage le plus étendu de ces langues dans la société, parce qu’elles sont plus à même d’exprimer la réalité africaine, parce que « les langues sont les vecteurs de notre culture, de notre mémoire collective et de nos valeurs. Elles sont une composante essentielle de nos identités, de notre diversité et de notre patrimoine vivant », mais aussi parce qu’elles portent en elles un héritage culturel millénaire et une vision particulière du monde qui permet d’enrichir les hommes, et en cela elles constituent une des contributions majeures de l’Afrique à l’humanité.  Alors pourquoi, l’Afrique peine-t-elle à réhabiliter ses langues locales ? Pourquoi la grande majorité des langues africaines restent encore aujourd’hui cantonner  dans  le domaine informel de la communication ? Pourquoi à Djibouti on n’arrive toujours pas à enseigner les LN, quinze ans après la décision de le faire, et comment atteindre cet objectif ? C’est à ces questions que nous essayerons de répondre dans cette conférence

21 Février 2017, Journée Internationale de la Langue Maternelle:

Cultures, langues et enseignement

 

Culture, langue, et Education, trois notions qui sont intimement liées. La langue est l’un des supports essentiels de la culture, l’un de ses principaux canaux de transmission. L’éducation, qu’elle soit formelle ou non, est au cœur de ce processus de transmission. Aussi, l’une appelle l’autre. Compte tenu de l’espace restreint réservé à cet éditorial, nous allons nous limiter à la première qui est en quelque sorte le trait d’union des deux autres. La culture inclut la langue et a besoin de cette dernière pour être vivante, laquelle passe par l’apprentissage, but de toute éducation.  Si la notion de culture est si commune et significative, elle est pourtant difficile à cerner, délicat à définir. Nombre de disciplines, de la philosophie  à l’anthropologie en passant par la sociologie, la psychologie et même la biologie et l’éthologie, ont tenté cette définition. Mais cette difficulté renvoie à la métaphore de la description d’un éléphant dans une pièce sombre par des aveugles. Quoi que l’on fasse, la description sera toujours partielle, car chacun a accès à une partie du puzzle culturel.  Sommes-nous alors condamnés à nous satisfaire de la situation résumée dans la déclaration de cet ancien président de l’université de Harvard,  A. L. Lowell (1905) qui affirmait « Il n'y a rien dans le monde de plus insaisissable que la culture », que « on ne peut pas la définir ou la circonscrire », puisque « elle n'a pas de limites précises » ?  

Sa compréhension est pourtant d’une importance cruciale dans un monde contemporain où semblent s’affirmer des forces contraires : une force qui pousse vers l’ouverture et la réduction des frontières et une autre qui tire vers le retour à la territorialité et à l’identité. Dans les deux cas, chacune des forces se réclame de la culture : une culture intégrative, holistique d’une part, et une cultureidentité, une culture-terroir et histoire de l’autre.  L’une se réclame de l’évolution naturelle, du progrès des idées et de l’accroissement des savoirs, l’autre de la fidélité au passé, de l’attachement aux racines et à la mémoire collective, garantes de la pérennité des sociétés et de la perpétuation de l’espèce. Deux visions de la culture qui peuvent coexister à l’intérieur d’une même civilisation. Peut-être de leur tension et de leur dialogue peut émerger la culture mondiale que beaucoup entrevoient, parfois appellent de leurs vœux. Pour l’heure, la définition de la culture qui reste la plus courante est celle donnée par E. B. Tylor (1871) traduite ainsi :  « Ensemble complexe qui englobe les connaissances, les croyances, les arts, la morale, les lois, les coutumes et toute autre capacité et habitude acquise par l’Homme en tant que membre d’une société ».

Cette conception de la culture a été critiquée dès le début du vingtième siècle par d’éminents anthropologues (cf. Kroeber and Kluckhohn 1952). Pourtant même l’Unesco, en 2015, la considérait comme « la définition la plus commune » de la culture, et donc celle à propos de laquelle il y avait un minimum de consensus. Mais cette définition comme les quelques trois cent définitions que donnent Kroeber and Kluckhohn (1952) semblent décrire les manifestations de la culture et non ce qu’est la culture en substance, dans son noyau. Si l’on s’interroge sur ce qu’est une « graine » et qu’on réponde c’est un arbre, des branches, des feuilles, des fruits, des fleurs, etc., on n’aura pas fini de la définir. On pourrait au loisir ajouter les racines, le tronc, la terre,  la pluie, les saisons, etc. La graine c’est en effet tout cela, mais ce qui est propre à elle, c’est sa puissante finalité : produire des fruits et nourrir.   Avec le développement de la biologie moléculaire, surtout à partir du milieu du siècle dernier, la culture  a été parfois décrite comme le résultat du processus global d’évolution de la vie.  Cette vison de la culture a culminé avec l’apparition d’une nouvelle discipline, la sociobiologie (cf Wilson, 1975 ; Dawkins, 1976, 1989 ; Lumsden & Wilson, 1981 ; etc.) qui, en s’appuyant sur la théorie darwinienne de la sélection naturelle, s’applique à étudier « les bases biologiques de tous les comportements sociaux des êtres vivants, y compris l’homme. »

La thèse la plus marquante de cette  approche néo-darwinienne est développée par le biologiste-éthologiste R. Dawkings dans son ouvrage célèbre Selfish gene (le gêne égoïste) en 1976, qui invente le concept même (particule minimale d’un phénomène culturel, comparable au gène biologique dans sa reduplication et son fonctionnement). Selon cette approche, tous nos arts, nos croyances, nos coutumes, nos valeurs morales, etc., se ramèneraient à des choix qui s’opèrent selon le même mode que celui des gènes, à savoir la sélection naturelle des options les plus efficientes pour permettre la continuité de la vie.   La culture, comme la sélection naturelle des options les plus efficaces ou les plus adaptées dans un environnement, est sans doute une explication nouvelle qui ouvre une nouvelle perspective. Vient renforcer cette thèse le développement des connaissances en éthologie qui montre que beaucoup d’animaux partagent avec l’homme des traits culturels jadis considérés comme typiquement humains. D. Lestel, dans son ouvrage au titre évocateur Les origines animales de la culture,  démontre avec force détails qu’il n’y aucune rupture entre l’animal et l’humain sur le plan du comportement. Même des traits que l’on considérait être propres aux humains, tels que la bipédie, l’empathie, la sympathie, l’estime et même l’ amour, ne sont plus réservés à cette espèce, d’après les plus récentes études éthologiques.  

Chez l’animal, aussi il y a apprentissage, transmission et tous les comportements permettant de couvrir les besoins physiologiques et les besoins psychologiques susmentionnés. Quand on considère que l’homme partage plus de 99% de son matériel génétique avec le chimpanzé, cela n’est pas si surprenant. Mais alors, si nos outils d’analyse se sont brouillés au point qu’ils ne permettent plus de faire la distinction entre un singe et un homme, c’est qu’il y a lieu, non plus de les changer, mais de les affiner encore davantage pour arriver à percevoir ce qu’un enfant de deux ans perçoit intuitivement. L’approche néodarwinienne de la culture pouvait contribuer à cela et apporter une nouvelle compréhension de l’évolution, qu’elle soit biologique, psychologique, ou sociétale. Mais elle souffre d’un défaut congénital ; celui du postulat darwinien et cosmologique de l’évolution qui considère que la conscience nait avec la complexification de la matière, commencée suite au Big Bang, en somme que la matière précède la conscience. Un postulat qui reste indémontrable pour l’heure et l’observation des extrêmes infinis de l’univers dont la formation et le fonctionnement selon un processus aléatoire est difficilement tenable autrement que comme posture méthodologique. Lire la culture dans la perspective du « dessein intelligent » est sans doute plus féconde et plus éclairante que celle d’une approche purement néo-darwinienne.

Fort heureusement des modèles plus ouverts et plus intégratifs (Ken Wilber 1997 ; Don Edward Beck et Christopher Cowan, 1996 ; C. Graves, 1950 ;  Teilhard de Chardin, 1955 ; etc.) permettent de sortir la culture de la pure mécanique biologique pour la relier à une dynamique intelligente orientée vers la perfection de l’être, ce que C. Jung appelle l’individuation, et A. Maslow l’accomplissement ou la réalisation. La lecture de ce concept dans une telle perspective peut se révéler féconde aujourd’hui où, dans notre village planétaire, la confusion et l’uniformisation ont tendance à niveler la culture vers les besoins primaires, d’appartenance et de sécurité. Pour finir, une culture, sous le regard d’une science qui s’obstine à réduire l’homme au corps et à la psyché freudienne, aura le plus grand mal  à aboutir à une compréhension satisfaisante de celle-ci. Si en revanche on intègre, en plus de ces deux parties, la dimension de l’esprit, comme autre partie constitutive de l’être humain, il sera possible de concevoir la culture comme la dynamique à parfaire ou à satisfaire les besoins de ces trois dimensions. La culture pourrait alors être comprise comme ce qui permet de vivre confortablement, au sens étymologique du terme ; à savoir, tout ce qui permet d'être dans un bien-être matériel et physique, dans un état mental paisible et un état d’esprit relié ; ce dernier terme renvoyant à la religion à son sens étymologique et à sa finalité première.

 

 AMI

20th International Conference of Ethiopian Studies Mekelle University, Ethiopia “Regional and Global Ethiopia – Interconnections and Identities”

FIRST CIRCULAR FOR ICES20 24 January 2017

 

Dear Participants!

This is the first circular from the Organising Committee of the 20th International Conference of Ethiopian Studies (ICES20) to take place in Mekelle University in 2018.

Mekelle University was assigned to organise the ICES20 in Mekelle during the closing ceremony of the ICES19 at Warsaw University in 2015 and had happily accepted that great challenge. Since then a “Main Organising Committee” has been formed at MU, with specialised committees supporting it, together with an MU Conference Board, involving the deans and directors in social sciences and humanities, and also an Advisory Board.

This prestigious Conference will be organised in close communication with the International Organising Committee (IOC), the Institute of Ethiopian Studies (IES) and other stakeholders, academic institutions and partners worldwide, following the long established tradition.

The webpage of the ICES20 is ready – it will be updated regularly, you can consult it for the upcoming calls for panels and papers, the conference theme and first practical planning. The address is: http://www.mu.edu.et/ices20/ or http://www.ices20-mu.org/ The exact date will be decided within the coming weeks in cooperation with the stakeholders. It is already known that it will be in the second half of 2018. Following the long established tradition, the conference will be open to all papers in social sciences and humanities focusing on Ethiopia and the region, particularly related to the following fields:

• Archaeology, paleoanthropology & heritage

• Arts & architecture

• Education & pedagogical science

• Economics & development studies

• History of the states and peoples of the region (political and cultural)

• Human geography, environment & ecology

• Law, governance & political economy

• Philology, literature & linguistics

• Political science & migration studies

• Population & gender studies

• Social anthropology & cultural studies

• Studies of religion

 

We are regularly updating our address lists. We will, however, be very grateful if you could send us updated address lists and forward this circular to interested colleagues. Please send any questions to the main organizing committee: ices20@mu.edu.et.

 

Mitiku Gabrehiwot Tesfaye Chairperson, ICES20 Main Organising Committee, Mekelle University

 

                                                   Samedi 21 Janvier 2017:                                                    Décentralisation à Djibouti

 

Le cadre juridique et institutionnel de la décentralisation en république de Djibouti : réflexion sur les enjeux, les limites et les perspectives d’avenir:

Abdoulkader Hassan Mouhoumed

Docteur en droit public, Avocat au Barreau de Djibouti

Introduction:

Véritable leitmotiv de la politique de développement des institutions financières internationales (FMI et Banque Mondiale) à l’égard des pays du Sud, la décentralisation semble être le passage obligé de toutes les reformes publiques.

En effet, au lendemain de la mise en place des ajustements structurels imposés aux pays africains et la vague de démocratisation des années 90, la majorité des Etats africains s’est dotée d’un arsenal juridique et institutionnel permettant la mise en place d’une décentralisation. A l’instar de tous les Etats africains, la République de Djibouti s’est engagée à partir des années 2000 dans un processus des réformes du secteur public et notamment de réorganisation de  l’administration territoriale. Et contrairement aux autres pays africains, la décentralisation n’a pas été une politique impulsée de l’extérieur par les bailleurs de fonds mais plutôt un besoin, une volonté des acteurs politiques Djiboutiens au niveau national.

Cette importante réforme institutionnelle est le fruit d’un long processus qui a débuté dès l’accession à l’indépendance en 1977 et qui s’est poursuivi jusqu’à nos jours avec l’adoption d’un arsenal juridique important. Suite à la guerre civile de 1991-1994 qui a notamment touché le nord du pays peuplé principalement par l’ethnie Afar, la décentralisation s’est imposée comme modalité de sortie de crise. Le texte de l’accord de paix prévoyait l’introduction du multipartisme complet mais aussi la mise en œuvre d’une décentralisation effective. C’est dans ce cadre que le pays s’est doté d’un dispositif juridique et notamment la loi N°174 portant décentralisation et statut des régions.

Il a fallu attendre  mars 2006 pour voir l’organisation des premières élections régionales et communales, augurant peut être, d’une nouvelle forme de gouvernance, qui est axée sur le local. Parallèlement, le législateur a adopté un ensemble de texte législatifs et règlementaires (décrets et arrêtés) qui a abouti à l’émergence de nouveaux acteurs appelés désormais à prendre des initiatives cruciales  dans la gestion des affaires locales, et ce, dans les divers  domaines où des compétences leur ont été dévolues : économique, social, sanitaire, éducatif, culturel et sportif. Par conséquent, les bailleurs de fonds (U.E, USAID, FMI,) et notamment le PNUD a mis en place une politique de vulgarisation des textes fondateurs[1] de la décentralisation, pour promouvoir leur appropriation optimale par les différents acteurs sociaux à travers de nombreux séminaires et  ateliers de renforcement des capacités pour permettre aux élus locaux de maîtriser leur rôle afin de faire des régions et les communes des centres d’application de la bonne gouvernance locale.

L’objectif de cette étude est de s’interroger et d’analyser la pertinence du dispositif juridique et institutionnel de la décentralisation à Djibouti. 

Comment ce cadre juridique et institutionnel a-t-il évolué depuis l’indépendance du pays et quels sont ses impacts et limites politiques, économiques et sociales sur la gouvernance locale? Dix ans après la mise en place des instances locales, et alors que leur deuxième mandat arrive à terme[2], il est nécessaire de revenir sur les dispositions constitutionnelles, législatives et réglementaires de la décentralisation dans le pays. Cette  politique de décentralisation qui tire son fondement de la Constitution du 15 septembre 1992 en consacrant entre autre l’existence de collectivités publiques territoriales dotées de la personnalité morale, va être renforcée par deux lois importantes de 2002[3] et de 2005[4] (I). Face aux imperfections et aux incohérences de la loi de 2002, le législateur adoptera une nouvelle loi en 2006 qui modifiera la précédente et contiendra également des imprécisions  (II).

 

[1] PNUD, Atelier de réflexion sur l’opérationnalisation du processus de Décentralisation dans la région d’Arta

 juillet 2008 ; voir rapport de l’auteur sur la décentralisation en république de Djibouti : analyse politique, administrative, économique et sociale 

[2]Le mandat des conseillers régionaux et communaux qui expirait le 31 mars 2011 est prolongé jusqu'au 31 décembre 2011 par un décret n°2011-042/PR/MID portant report des Élections Régionales et Communales du 26 mars 2011.

[3] Loi N°174/AN/02/4ème L portant Décentralisation et Statut des Régions du 7 juillet 2002

[4] Loi N°122/AN/05ème L portant sur le statut de la ville de Djibouti

La conférence en image 

Le réformisme islamique Djiboutien

 

Cette conférence traite de l’émergence d'un réformisme islamique porté par trois nouveaux mouvement religieux: Analyses des stratégies des acteurs et des mouvements religieux qui animent aujourd'hui la scène religieuse locale et pour certains l’arène politique.

© 2016 IRICA

253.21.35.17.07/ Salines Ouest, Lot 175/ irica.info@gmail.com

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